« Jeu rêve que cette forêt soit mon lieu de sécurité, de plénitude, peut-être de complétude. En fait, j'y suis serein, calme, libre. Le vent, l'humidité, la vie, les sons, les couleurs, ... tout ici me comprend et me respecte !

Comment ai-je pu sortir de là ? Qu'est-ce qui, en moi, persiste à me faire croire en des sécurités morales qui, d'évidence, sont dangereuses ? »

Lohey était assis dans l'herbe, sous une branche puissante. Devant lui s'offrait la même chose que derrière lui : la nature. Et la sienne, transformée en questions...

Le bruit d'un avion prit le pas sur le chant des oiseaux. Deux mondes ! Un de pouvoir, l'autre de puissance. Un d'union, l'autre d'unité. Un temporaire, l'autre absolu. Surtout, un monde qui sépare pour juger et l'autre qui vit la vie entière, incluant ainsi le premier monde.

« Jeu rêve que cet avion raye le ciel parce que ce serait la vie, pas parce que c'est l'avis ! Jeu rêve que ce promeneur foule la terre parce que ce serait la vie, pas l'avis ! Jeu rêve que ce joueur de tablas, au loin, remplisse le silence de ses mains parce que ce serait la vie, pas l'avis ! »

Lohey percevait milles fonds et cent milles formes. Il ne séparait pas ainsi la vie par jugement, il le faisait par sagacité ouverte, juste pour pouvoir témoigner de son expérience. Il donnait sa place à la pensée ; qu'elle accepte sa richesse organisatrice des concepts, puis lâche son pouvoir contrôlant, fondé de peurs. Faire l'expérience puis penser, plutôt que penser puis y enfermer ses actes !

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