être humain

jeudi 26 avril 2007

Le partisanisme comme une intolérance

Roméo et Juliette échangent dans leur vie et construisent ensemble des expériences communes... Mais non ! Pas du tout ! C'est immoral, impensable, absurde ! Juliette est une Capulet et Roméo un Montaigu ! Heu... certes mais ça ne les empêche pas de croiser leurs histoires et leurs futurs ! Mais si ! C'est impossible, immoral, impensable, absurde ! Juliette est une Capulet et Roméo un Montaigu ! D'accord, mais quand-même... si eux ont envie de dépasser ces considérations là et construire autre chose, libre de cette séparation, ils le peuvent ! Mais non ! C'est impossible, immoral, impensable, absurde ! Juliette est une Capulet et Roméo un Montaigu ! Ne sont-ils pas des êtres-humains avant d'être ce que vous avez envie qu'ils soient par ces généralités ? Mais non ! C'est impossible, immoral, impensable, absurde ! Juliette est une Capulet et Roméo un Montaigu !

Jean et Natya échangent dans leur vie et construisent ensemble des expériences communes... Mais non ! Pas du tout ! C'est immoral, impensable, absurde ! Natya est noire et Jean est blanc ! Heu... certes mais ça ne les empêche pas de croiser leurs histoires et leurs futurs ! Mais si ! C'est impossible, immoral, impensable, absurde ! Natya est noire et Jean est blanc ! D'accord, mais quand-même... si eux ont envie de dépasser ces considérations là et construire autre chose, libre de cette séparation, ils le peuvent ! Mais non ! C'est impossible, immoral, impensable, absurde ! Natya est noire et Jean est blanc ! Ne sont-ils pas des êtres-humains avant d'être ce que vous avez envie qu'ils soient par ces généralités ? Mais non ! C'est impossible, immoral, impensable, absurde ! Natya est noire et Jean est blanc !

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lundi 23 avril 2007

Du pardon à l'amour

* Bakhta : Ce week-end, j'ai fait quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant : j'ai pardonné. Une personne m'a fait du mal qu'elle a regretté tout de suite après. J'avais coupé toute communication avec elle depuis plusieurs mois. Je ne connais pas la haine, mais je sais cultiver l'indifférence. Sans la détester, sans la haïr, sans même lui en vouloir, j'avais cesser tout simplement de communiquer, comme si on ne s'était jamais connues.

Puis j'ai appris que cette personne déménageait samedi. Samedi, la première chose à laquelle j'ai pensé en ouvrant les yeux, à mon réveil, c'était : "Vas lui donner un coup de main pour son déménagement. C'est un jour important et il faut que tu sois là". J'y suis allée.

Pardonner est un concept qui était inconnu pour moi, jusqu'à maintenant. Je pensais que c'était un signe de faiblesse. Comme si on autorisait explicitement les autres à nous faire du mal, à nous nuire. Comme si on leur disait : "Allez, vous pouvez venir m'attaquer, je ne riposterai pas... et en plus si vous me blessez, je ne vous en voudrai même pas !". Je pensais qu'il ne fallait jamais pardonner, en aucun cas, au moins pour se protéger des éventuelles blessures à venir... Je pensais que ceux qui ont le pardon facile sont ceux qui ne sont pas assez courageux pour vivre sans l'approbation, l'amour ou la reconnaissance de celui qui nous a blessé, intentionnellement ou non.

Pour moi, tout espoir d'oubli ou de réconciliation était illusoire. Aucune justification ne pouvait excuser, ni effacer le mal une fois qu'il est fait. Comme si moi, je n'avais jamais fait de mal, comme si moi j'étais irréprochable au point de juger l'autre. Nul n'est infaillible et j'ai compris ça ce week-end. Nul n'est à l'abri d'un faux-pas et tout le monde peut trébucher.

Aujourd'hui, je me sens plus légère. Une chose est sûre, pardonner renforce et régénère. On peut se préserver intelligemment, sans se fermer complètement à celui qui à fait une erreur. Dans ce cas précis, la personne qui m'a fait du mal, en a souffert plus que moi. Je n'ai jamais développé de sentiment de haine à l'intérieur de moi (ou alors cela fait tellement longtemps que je ne m'en souviens plus). Je sais que la haine nous traverse avant de parvenir à l'autre et dans ce cas, nous la vivons autant que lui. J'avais opté pour l'indifférence qui fait moins mal. Mais j'ai découvert que pardonner fait beaucoup de bien. C'est un sentiment étrange et agréable que je découvre. Voilà ma trouvaille du week-end... c'est une découverte qui m'a renforcée. La haine est un sentiment négatif. L'indifférence, un sentiment neutre. Le pardon, un sentiment positif.

* Lohey : Et bien, quel riche week-end et merci aussi de ton témoignage, touchant et consciencieux... un magnifique acte de changement et une puissante découverte. Jeu vais me permettre de t'inviter tendrement vers une suite du chemin... sens toi libre de t'y intéresser ou pas..

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mardi 17 avril 2007

Décider et Choisir

Posé de définitions

Jeu pose, d'un côté, que « décider » est le verbe qui représente les actes qui suivent un mouvement de ma pensée seule, de mon mental. C'est ainsi que jeu prévois, organise, contrôle, raisonne, réfléchis... que jeu pense à ce que jeu vais faire et que, en résultat, jeu prends une décision. C'est l'approche rationnelle, capable de considérer l'ensemble de mon connu, qu'il soit à mon sujet ou au sujet du monde, puis déterminer un chemin dans ce monde. Il me reste ensuite à faire l'effort de suivre cette voie décidée, me mettre en mouvement dans le monde tel que jeu le perçois, pour atteindre mon but, mon objectif, ou ma finalité. La nuance importante, à mes yeux, étant que jeu suis la seule cause de la décision.

Le Petit Robert considère quatre définitions pour le mot « décider », toutes très explicites sur le caractère définitif, figé de ce comportement humain :

  • « Porter un jugement, adopter une conclusion définitive sur... - Arrêter, déterminer »
  • « Disposer en maître par son action ou son jugement - déterminer, être la cause principale »
  • « Être fermement déterminé à »


Jeu pose, d'un autre côté, que « choisir » est le verbe qui représente les actes qui suivent un mouvement d'attention pleine devant les multiples choix que chaque instant porte à ma sagacité. La concentration est une sélection mentale, intellectuelle, une focalisation et elle ne peut que conduire à la décision. Par contre, l'attention est une ouverture de soi à toutes ses fonctions (conscience, pensée, émotion, sensation, sentiment, intuition) et elle permet de cesser de procéder à une sélection dans sa perception de la réalité. Il en résulte une capacité à percevoir beaucoup plus de possibilités, à chaque instant, accompagné d'une candide confiance à choisir, parmi toutes ces portes ouvertes, une opportunité qui me permettra une expérience significative.

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lundi 16 avril 2007

« Je » suis un jeu !

Dorénavant pour moi, « je » s'écrira, se pensera « jeu ». Merci à Elie pour cette idée dont jeu fais sens.

Ceci, à la fois pour assumer et prendre la responsabilité de mes discours, mes expériences, mes croyances, mes idées et ne pas en faire des notions universelles, des généralités, des absolus, ne pas en faire des vérités pour davantage que moi-même.

Et, en même temps, pour exprimer que le « je » qui verbalise, et surtout le contenu verbalisé, cesse d'être la conscience de « qui je suis réellement » : c'est à dire « rien », un processus en constant changement, un état d'être dynamique, « tout ».

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dimanche 15 avril 2007

Lettre ouverte aux représentants autoproclamés

Ma nationalité est française. Régulièrement, on essaie de me faire croire que je vis dans une démocratie évoluée. Ceci est bien loin d'être mon avis. Le fait est que je vis dans une oligarchie. Et mon opinion sur cette oligarchie est que, loin d'être avancée, elle est plutôt primitive.


L'illusion oligarchique de la démocratie

Oligarchie, d'une part parce que le vote blanc n'est pas reconnu dans le code électoral. Aujourd'hui, si je vote blanc ou si j'écris une insulte sur un papier que je mets dans l'urne, cette république considère que c'est exactement la même chose ; c'est-à-dire "rien". Un respect pour l'expression citoyenne très très relatif, pour le moins.

Ainsi, je n'ai que le droit factice de choisir mon représentant parmi ceux qu'un système préélectoral m'impose ! Je le connais pour y avoir participé un peu ; il est souvent mafieux et, au minimum, fondé sur le seul critère financier. Je n'ai tout simplement pas le droit de dire : « Je ne reconnais pas votre choix comme un choix libre ! » ou « Personne ne me convient, je veux d'autres critères sélectifs ! » ou « Je veux d'autres approches politiques pour me représenter ! » ou tout simplement « Cessez de vous foutre de ma gueule, s'il vous plait, vos manigances et gesticulations politiciennes ne représentent pas mes valeurs ! ». Et en fait, oui, j'ai le droit de l'exprimer, mais seulement de l'exprimer. Aucune conséquence concrète ne sera produite par la république, validant ainsi la définition coluchesque de la démocratie : « Causez toujours ! ».

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samedi 14 avril 2007

Emotions, Sentiments, Transfert

Jeu pose que mes émotions ne parlent que de moi-même, mon histoire, comment j'ai organisé mes expériences. Que mes sentiments, eux, me mettent en relation avec l'extérieur, en relation directe. Jeu pose que tous mes sentiments sont d'une seule nature : l'amour. Ces mots servent ce que jeu vis.

Alors, mes émotions sont mes guides vers mes sentiments ! Un amour jaillit de l'endroit précis de mon identité (aux infinies facettes) où j'ai écouté effectivement et entièrement mes émotions jusqu'au centrage. Ces mots servent ce que jeu vis.

Ainsi, chaque fois que jeu vis une émotion en pensant qu'elle a pour cause quelque chose ou quelqu'un d'extérieur à mon corps, jeu suis dans l'illusion, j'utilise un mécanisme de défense, jeu manifeste, par rationalisation, ma résistance à faire aboutir mes émotions jusqu'à "qui jeu suis vraiment" : amour.

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jeudi 12 avril 2007

Conscience de conscience

ou les rêveries multiordinales

Jeu me promenais au cœur d'une magnifique forêt ; hêtres, trembles, chênes, boulots, frênes, charmes, noyers, tous composaient un monde infini à découvrir. Ma vie touchant celle de ces membres d'un tout, elle grandissait par perceptions et émissions directes. Ma vie mobilisait ainsi ma conscience et la rendait dynamique, fluide, instable, changeante, curieusement réceptive, mobile. Là précisément est sa stabilité, sa puissance, sa constance, sa nature immuable.

De ce point-instant exact, jeu fis une première rencontre. Un être blanc à qui jeu demandais : « Quel est cet état modifié de ma conscience, le sais-tu ? ». « Oui, bien évidemment, répondit-il, c'est de la méditation ; une méditation active que tu vis ! ». Il sourit.

Jeu poursuivis mon chemin jusqu'à croiser celui d'un être en lotus à qui jeu posais la même question. Sa réponse remplit un sous-bois : « Oh oui ! C'est une relaxation ; une relaxation profonde que tu vis ! ». Elle sourit.

Perplexe, jeu me mis à suivre mes pas jusqu'à une légère clairière, à l'endroit-moment précis d'une troisième rencontre avec un être à la voix d'eau. A la même question, son retour fut immédiat : « Je sais, certainement ! C'est un état sophro-liminal que tu vis ! ». Il sourit.

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vendredi 6 avril 2007

LOSTH

Il nous reste le coeur
I

Sitron sourit. Il souriait toujours à la vue d'une jolie femme. Cette fois-ci, il dut même faire un effort pour ne pas exploser de rire tellement la jolie femme en question lui plaisait. Il évitait en effet les démonstrations d'hilarité exagérées, car il n'est guère convenable d'être hilare lorsqu'on est présenté à une femme. Surtout quand elle est jolie.
Le jeune homme, souhaitant faire bonne impression à l'occasion de cette première rencontre, fit même en sorte que son sourire ne se remarque pas (le sourire non forcé étant, c'est bien connu, une marque flagrante de mauvaise éducation). Pour cela, il suffit de ne pas sourire avec les lèvres. Les oreilles firent très bien l'affaire, présentant l'avantage d'être masquées par des mèches de cheveux mi-longs et jaune-citron.
– Sitron, lui dit Kramoizy, son ami et collègue de bureau, sur un ton amical et néanmoins bureaucratique, vois cette jolie femme que je te présente.
– Je la vois, répondit Sitron, le plus sérieusement possible, en prenant soin de rabattre discrètement quelques mèches sur ses oreilles.
– C'est Violassée, notre nouvelle chef.
Sitron prit un air légèrement perplexe le temps de se demander comment une aussi jolie femme pouvait porter un prénom aussi laid.
– La vie est pleine de paradoxes tous plus paradoxaux les uns que les autres, se dit-il. Et cela ne la rend que plus intéressante.
Puis, heureux d'avoir trouvé une réponse rationnelle à sa question existentielle, il remit son air de légère perplexité là où il l'avait pris, l'échangea contre un air profondément honoré, de circonstance, et se tourna vers Violassée. Il se mit à genoux et baisa les pieds de sa supérieure hiérarchique, comme il convient d'agir quand on souhaite faire bonne impression et assurer son avenir professionnel au sein de l'entreprise.

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mercredi 4 avril 2007

Sois, le petit prince

XXVIII

A côté de sa fleur se trouvait une émotive. Elle était assise, attentionnée, regardait la fleur, la sentait, l'écoutait, la touchait, l'embrassait.

- C'est ma fleur, je l'ai apprivoisée !
Le petit prince s'inquiétait pour sa rose. Il en était responsable.
L'émotive se tourna vers le petit prince, attentionnée, le regarda, le sentit, l'écouta respirer fort, lui prit la main et l'embrassa sur le nez.
- Mais comment peux-tu... ? Ton attitude est contraire à tous les rites ! Tu ne m'apprivoiseras pas ainsi ! Il faut procéder par étapes !
- Bonjour, j'ai beaucoup entendu parler de toi. Je ne te connais pas. Tu reviens de la terre, n'est-ce pas ?
- Mais comment peux-tu... ?
Le petit prince ne renonçait jamais à une question, une fois qu'il l'avait posée.

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