être humain

Le passé a bon dos

Dans la croyance normale, un être humain accède au passé et surtout, le passé accède donc à lui et son passé serait la cause de nombre de ses troubles.

Plutôt que croire, faisons l'expérience.

Pour ma part, jeu n'accède pas au passé ! Jeu me souviens de ce que j'ai fait hier et plus loin, mais si jeu cherche à savoir ce que jeu n'ai pas gardé en mémoire, alors jeu n'y arrive pas. Le fait est donc que jeu n'accède absolument pas au passé, mais seulement à une partie, celle que j'ai perçue. Et jeu n'accède même pas à tout ce que j'ai perçu, jeu n'accède qu'à la petite partie dont jeu me souviens encore (infime, comparée à l'immensité de mes perceptions sensorielles à chaque instant).

Dans mon expérience, ce que j'appelle "passé" par abus de langage est donc en fait ma "mémoire présente". C'est tout de même très différent !

Ce que j'appelle "futur", par abus de langage toujours, sont en fait mes "projections mentales présentes". Ceci aussi se vérifie par l'expérience facilement.

Enfin, ce que j'appelle "présent" sont en fait mes "sensations". Ce que j'appelle "présent" est bien toutes ces données sensoriels que jeu reçois. D'ailleurs, jeu n'accède pas à d'avantage. Or le "présent", en théorie, est bien d'avantage que ce que j'en perçois personnellement et jeu n'y accède pas ! Jeu n'accède qu'à mes sens ! Le simple présent derrière mon dos et suffisamment loin pour être inaudible, jeu ne peux pas y accéder.


L'être humain a inventé un outil abstrait très pratique : le temps. Ceci est une pure invention. C'est un outil qui se présente sous la forme d'une ligne : passé, présent, futur. Alors que l'expérience humaine manifeste la Pensée d'un côté, avec sa mémoire et ses projections, et puis la Sensation de l'autre : pas de ligne, juste 2 fonctions humaines. Cet outil est très utile car il permet de conceptualiser des projets et ensuite de contraindre ses actes à une projection afin de pouvoir concrètement réaliser des choses qui n'existaient pas avant. Jeu peux ainsi faire ou participer à faire une chaise, une maison, un pont, une organisation. L'être humain manifeste ainsi une aptitude d'abstraction bien plus efficace que n'importe quel autre espèce. C'est à la fois son don et son drame, pour l'instant.

Car le drame pour ce même humain est qu'il a oublié qu'il est le créateur de cet outil. Que cet outil n'est pas une réalité vécue mais qu'il n'est qu'une idée, une conception, un truc abstrait. Du coup, l'humain se sert de ceci, en croyant que ça existe vraiment, et il s'en sert pour des espaces de sa vie où c'est très contre-productif : se penser lui-même, faire des choix, vivre hors des "réalisations de ce qui n'existe pas encore". En fait en général, il se vit totalement à l'intérieur de cet outil où il s'est enfermé psychologiquement. Car l'outil "temps", il me semble, n'est utile que pour créer un truc qui n'existe pas encore. Pour tout le reste, il est aussi inepte d'utiliser l'outil conceptuel "temps" que d'utiliser un marteau piqueur pour se déboucher les oreilles.

Car il est un fait facile à expérimenter : dans l'expérience humaine, le passé n'existe pas, ce qui existe est ma mémoire et c'est à ceci que j'accède seulement et jeu suis le créateur de tout ce qu'il y a dedans. Dedans, il n'y a pas le passé, mais mes interprétations de certaines de mes expériences, sélectionnées, généralisées et/ou déformées. Le futur n'existe pas, mais mon aptitude mentale à projeter des choses. Le présent n'existe pas, mais mes sensations. Ceci, j'insiste, en tant qu'expérience humaine.

Que, dans l'absolu, un "temps" existerait vraiment est une hypothèse, pas un savoir humain expérientiel. De plus, nous avons déjà vérifié par l'usage de la science que notre interprétation de cette hypothèse est un "temps relatif" et qu'il n'y aurait donc pas un temps, mais plusieurs. C'est une question philosophique qui peut être intéressante. Il reste, de toute façon, que, dans mon expérience humaine, ce qui existe est très différent et qu'il est pour le moins utile de considérer mon expérience humaine quand il s'agit de les vivre, plutôt que des absolues potentiels. Quand jeu pleure encore que mon papa ne m'a pas bien aimé, peut-être que jeu peux mettre la philosophie parfois de côté. J'y reviendrai plus tard.

Ainsi, si jeu vis une problématique, une souffrance. Il est un fait que mes conceptions présentes (le contenu de ma mémoire présente) en sont la cause. Comment j'ai pensé, conceptualisé et mémorisé certaines de mes expériences, va faire que jeu souffre ou pas. Mais cette mémoire est ici et maintenant, j'en suis le seul responsable et jeu peux penser autrement, si certaines pensées créent une souffrance. Mon aptitude au mieux être n'a ainsi aucun rapport avec un passé hypothétique, mais seulement avec mon aptitude à sortir des conceptions présentes, mémorisées, qui me conditionnent. Vais-je lâcher certaines croyances sur la famille si mes "anciens" vécus dans cette famille me font encore souffrir, ou vais-je continuer à m'y attacher ? C'est la réponse active à cette question qui peut produire un mieux-être immédiat, c'est un déclic, ça ne prend aucun temps... ou qui va continuer à créer le même mal-être. A chaque instant, jeu choisis, consciemment ou pas, ce à quoi jeu continue à m'attacher et ce que jeu lâche.


Jeu souhaite terminer avec quelques citations du bonhomme qui a démontré la relativité de ce que nous appelons "temps" et qui a donc démontré sa "non-unicité" :

"Rare est le nombre de ceux qui regardent avec leurs propres yeux et qui éprouvent avec leur propre sensibilité."

"Peu d'être sont capables d'exprimer posément une opinion différente des préjugés de leur milieu. La plupart des êtres sont mêmes incapables d'arriver à formuler de telles opinions."

"Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome."

"Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le coeur des hommes."

"La folie, c'est se comporter de la même manière et s'attendre à un résultat différent."

"La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance."

"La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information."

"Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu'il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau." Albert Einstein


Copyleft Lohey 2008 - Photographie de Lohey : "Temps figé" et "Temps maîtrisé"


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1. Le samedi 31 mai 2008 à 19:15, par Tàri

Après plusieurs discussions avec toi, confrontations de vues et d'expériences, puis expériences nouvelles, je suis en accord avec toi. Je suis persuadée que l'on peut s'absoudre du passé. Et même que souvent on se crée des problèmes en son nom, et que l'on pourrait s'en ... passer ;-)
Pas toujours facile en pratique. Un mode du fonctionnement du cerveau imprimé, une facilité conceptuelle de faits extérieurs ou ressentis intérieurs... le passé est souvent là comme repère...
Savoir tout ce que tu exprimes est déjà un pas pour moi. A présent (;-) cette vision ne me quitte pas, mais je me bas pour me défaire des anciens plis... je crois qu'ils gagnent encore trop souvent ! Mais ça avance ^_^

* Lohey : Content de te lire un peu plus libre encore... ;) Jeu me permets de poser une nuance à côté de ton expression : attention (dans le sens de mettre de l'attention) aux batailles, elles encouragent l'ennemi ainsi créé à se renforcer pour se défendre. Tu peux aussi aller faire alliance avec le "passé" (et la partie en toi qui en a encore besoin), reconnaitre la pertinence de ce que tu as créé, l'aimer pour ce qu'il est : une illusion. Dans mon expérience, ça se passe ainsi plus rapidement et plus agréablement. Non pas avec des efforts, mais avec un lâcher prise.

2. Le lundi 25 mai 2009 à 13:18, par ramirou

ok pour le passé.
mais si je te comprends bien, il faut se libérer de sa mémoire, vivre le moment présent (en ressenti) ; et après? penses tu au futur?
n'aimerai tu pas vivre des expériences?
admets que tu doit penser ce futur , et echaffauder des plans pour y accéder . Et là tu ne vis plus dans le ressenti du moment présent !

* Lohey : Jeu t'invite à relire le texte avec attention. J'exprime que le temps est un outil utile pour modifier la matière et en faire une planification prévisionnelle. Et qu'il est un outil contreproductif pour se penser soi-même. Même si j'ai fait un plan pour construire une table, ce qui est utile. Lorsque jeu vais chez Casto pour acheter les planches, j'ai tout intérêt à être au présent, où jeu vais me prendre potentiellement un poteau. :)

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