être humain

La rhétorique du "Si"

Il est, pour le moins, utile de savoir identifier un comportement manipulateur. Un des usages fréquents est simplement celui du mot "si".

Avec ce petit mot, avec un "si", un humain peut transformer la mécanique factuelle des causes et des conséquences en des notions de responsabilité et même de culpabilité, donc en des reproches ou des accusations.

Il suffit alors d'avoir été acteur dans un ensemble de causes et d'effets pour qu'une simple phrase conditionnelle te transforme en responsable ou coupable : "Si tu n'avais pas fait ceci, alors cela ne se serait pas passé, donc c'est ta faute". :) Ainsi, par exemple, ta mère serait responsable/coupable de tous tes actes car tu n'aurais pas pu les mettre en oeuvre si seulement elle ne t'avait pas mis au monde. Lorsque la cause est lointaine dans le temps, l'arnaque intellectuelle est évidente... mais elle peut l'être beaucoup moins lorsque la cause et la conséquence sont proches dans le temps.

Le jeu consiste à éluder les responsabilités factuelles, concrètes et utiliser une condition comme "si ceci n'avait pas existé, alors ceci non plus". Cette condition n'établit strictement aucune responsabilité de fait, mais elle a l'avantage de présenter une forme qui permet facilement de relier un événement à un humain. Tout humain peut ainsi être conditionnellement connecté à tout événement qui l'entoure plus ou moins. Et donc tout acteur peut être virtuellement transformé en responsable ou coupable.

Tu peux ne pas te faire avoir... ;)


Copyleft Lohey 2008 - Photographie de Lohey : "Tricher"


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~ Commentaires ~

1. Le dimanche 28 juin 2009 à 02:23, par grainequipousseverslesoleil

Je peux ne pas me faire avoir et je peux être responsable de mes émotions.
J'ai pu aussi me faire avoir. J'ai pris conscience de l'importance que j'accorde au consensus au point de me sentir coupable lorsqu'il n'est pas possible.
J'ai pris conscience de l'inutilité d'"avoir raison/d'avoir tort", d'insister pour que l'accord soit respecté.
Savoir que le consensus ne sera pas respecté éveille en moi une nouvelle émotion, un tiraillement : je me sens coupable si je ne trouve pas un nouvel d'accord, mais ce nouvel accord n'a de valeur que s'il est respecté.
Finalement à quoi sert la recherche du consensus ? A éveiller en moi le malaise de la culpabilité ?
Ma réflexion en est là...
Ou alors explorer une nouvelle voie : vivre sans consensus ?
Waow, grande émotion : la peur de l'inconnu !!

* Lohey : Pourquoi pas simplement le respect ? Dans le sens de ne pas envahir l'espace factuel de l'autre. Savoir qui jeu suis, savoir qui l'autre est. Et devant chaque cas, et non pas selon une vaine généralité, regarder ce qu'il est possible de partager avec l'autre... ou pas. Accepter les phases, accepter les compromis souhaités, accepter les non-phases. C'est simple ainsi et chacun est respecté. Non ? ;)

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