être humain

vendredi 9 mai 2008

L'arbre à mots

Emilie venait de quitter la terre. Elle sentait une matière différente. Elle sentait qu'elle grimpait. Peut-être la planète avait-elle basculée sur son axe. Peut-être que l'attraction terrestre avait changé d'avis.

Soudain, quelque chose emplissait la bouche d'Emilie... elle venait de croquer un fruit : BOIS.

Une fois le mot "bois" ingéré, Emilie compris cette autre matière, sous elle. Ca n'était donc pas une affaire planétaire, juste un autre terrain.

Emilie continuait... ravie. Un autre fruit pour elle : ARBRE.

Ooooh... voilà, jeu suis sur un arbre. Un arbre en bois. Magnifique !

Emerveillée, Emilie devint avide de ces fruits... et bientôt de ses fruits. Le prochain : MOT.

~ Lire la suite... ~

mardi 22 avril 2008

Confiance

Me voilà devant ma vie... encore une fois... Ceci se produit à chaque instant... encore et encore...

A chaque instant, consciemment ou pas, jeu fais un choix crucial :

  1. Est-ce que jeu me crée en fonction des autres ? Pour leur plaire, pour ne pas les froisser, pour ne pas les perdre, pour les manipuler, pour qu'ils m'aiment, pour qu'ils me voient gentil ou pertinent ou efficace, ...etc.
  2. Est-ce que jeu me crée tout court, est-ce que jeu cesse d'être devant la vie et me repose au sein de la vie ?

Dans le premier cas, jeu suis comme devant la mer. Mon prochain pas me portera à son contact. Et j'ai peur. Les vagues bougent devant moi. Comment faire ? Quel pas ? Quand ? Où ? Que va t-il arriver ? Et si la mer n'aimait pas mon entrée ? Si c'était pas le bon moment ? Me veut-elle pied nu ? En chaussure ? Dois-je être heureux pour y entrer ? Triste ? Comment être sûr de lui plaire ? Comment être sûr de faire bien, comme il faut ?

~ Lire la suite... ~

jeudi 12 avril 2007

Conscience de conscience

ou les rêveries multiordinales

Jeu me promenais au cœur d'une magnifique forêt ; hêtres, trembles, chênes, boulots, frênes, charmes, noyers, tous composaient un monde infini à découvrir. Ma vie touchant celle de ces membres d'un tout, elle grandissait par perceptions et émissions directes. Ma vie mobilisait ainsi ma conscience et la rendait dynamique, fluide, instable, changeante, curieusement réceptive, mobile. Là précisément est sa stabilité, sa puissance, sa constance, sa nature immuable.

De ce point-instant exact, jeu fis une première rencontre. Un être blanc à qui jeu demandais : « Quel est cet état modifié de ma conscience, le sais-tu ? ». « Oui, bien évidemment, répondit-il, c'est de la méditation ; une méditation active que tu vis ! ». Il sourit.

Jeu poursuivis mon chemin jusqu'à croiser celui d'un être en lotus à qui jeu posais la même question. Sa réponse remplit un sous-bois : « Oh oui ! C'est une relaxation ; une relaxation profonde que tu vis ! ». Elle sourit.

Perplexe, jeu me mis à suivre mes pas jusqu'à une légère clairière, à l'endroit-moment précis d'une troisième rencontre avec un être à la voix d'eau. A la même question, son retour fut immédiat : « Je sais, certainement ! C'est un état sophro-liminal que tu vis ! ». Il sourit.

~ Lire la suite... ~

mercredi 4 avril 2007

Sois, le petit prince

XXVIII

A côté de sa fleur se trouvait une émotive. Elle était assise, attentionnée, regardait la fleur, la sentait, l'écoutait, la touchait, l'embrassait.

- C'est ma fleur, je l'ai apprivoisée !
Le petit prince s'inquiétait pour sa rose. Il en était responsable.
L'émotive se tourna vers le petit prince, attentionnée, le regarda, le sentit, l'écouta respirer fort, lui prit la main et l'embrassa sur le nez.
- Mais comment peux-tu... ? Ton attitude est contraire à tous les rites ! Tu ne m'apprivoiseras pas ainsi ! Il faut procéder par étapes !
- Bonjour, j'ai beaucoup entendu parler de toi. Je ne te connais pas. Tu reviens de la terre, n'est-ce pas ?
- Mais comment peux-tu... ?
Le petit prince ne renonçait jamais à une question, une fois qu'il l'avait posée.

~ Lire la suite... ~

dimanche 25 mars 2007

Un coquelicot bleu

Il était une fois, seulement une fois, Lohey, un des êtres humains de la planète Raison. Un jour, il avait marché au creux d'une vallée merveilleuse. Les montagnes environnantes étaient encore oranges d'avoir contemplé le soleil levant. La terre présentait à la lumière nouvelle une rosée à sublimer.

Lohey vivait ce jour comme si c'était le premier ! La vie l'entourait et l'intourait ; des couleurs, des odeurs et des mouvements remplissaient sa réceptive vacuité. Il vivait que la séparation entre le vide et le plein était une vue de l'esprit.

Derrière l'envol d'une coccinelle, il fut appelé par un coquelicot au bleu vif et percutant. Il fronça les sourcils comme pour nettoyer son regard d'une illusion. Il s'approcha, observa, toucha. Le coquelicot était bleu !

~ Lire la suite... ~

jeudi 22 mars 2007

Forme et Fond

« Jeu rêve que cette forêt soit mon lieu de sécurité, de plénitude, peut-être de complétude. En fait, j'y suis serein, calme, libre. Le vent, l'humidité, la vie, les sons, les couleurs, ... tout ici me comprend et me respecte !

Comment ai-je pu sortir de là ? Qu'est-ce qui, en moi, persiste à me faire croire en des sécurités morales qui, d'évidence, sont dangereuses ? »

Lohey était assis dans l'herbe, sous une branche puissante. Devant lui s'offrait la même chose que derrière lui : la nature. Et la sienne, transformée en questions...

Le bruit d'un avion prit le pas sur le chant des oiseaux. Deux mondes ! Un de pouvoir, l'autre de puissance. Un d'union, l'autre d'unité. Un temporaire, l'autre absolu. Surtout, un monde qui sépare pour juger et l'autre qui vit la vie entière, incluant ainsi le premier monde.

« Jeu rêve que cet avion raye le ciel parce que ce serait la vie, pas parce que c'est l'avis ! Jeu rêve que ce promeneur foule la terre parce que ce serait la vie, pas l'avis ! Jeu rêve que ce joueur de tablas, au loin, remplisse le silence de ses mains parce que ce serait la vie, pas l'avis ! »

Lohey percevait milles fonds et cent milles formes. Il ne séparait pas ainsi la vie par jugement, il le faisait par sagacité ouverte, juste pour pouvoir témoigner de son expérience. Il donnait sa place à la pensée ; qu'elle accepte sa richesse organisatrice des concepts, puis lâche son pouvoir contrôlant, fondé de peurs. Faire l'expérience puis penser, plutôt que penser puis y enfermer ses actes !

~ Lire la suite... ~